L'infarctus
Un maladie plus générale qui ne concerne pas que le coeur
Aujourd’hui, les maladies cardiovasculaires représentent en France la 2e cause de mortalité juste après les cancers. Avant 2004, les maladies cardiovasculaire étaient la première cause de mortalité (le pronostic de cette maladie s’est amélioré au fil des décennies avec l’arrivée de nouveaux traitements médicamenteux ou interventionnels (stents, pontages…) mais aussi une meilleure prévention.
Néanmoins, il reste encore pas mal à faire dans le domaine de la prévention.
Causes des maladies cardiovasculaires
La structure des artères est dégradée par la formation d’athérome. Il s’agit d’une sorte de boue composée de cristaux de cholestérol et d’autres produits, plus ou moins dure (assez souvent associée à de la fibrose ou des calcifications).
Cet athérome se dépose par l’intérieur dans la paroi des artères qui s’épaissit au niveau des dépôts.
Comme le calibre du vaisseau est relativement fixe, si le dépôt est important dans une zone, cela conduit à un rétrécissement de la lumière de l’artère (là où peut s’écouler le flux sanguin) à ce niveau.
Mode d'évolution et de progression de la maladie
Mode chronique : obstruction progressive des artères par dépôt d’athérome.
En cas d’accumulation localisée importante et progressive, la lumière artérielle va se réduire de plus en plus. A ce moment , il va se produire une réduction progressive significative du flux sanguin dans la zone irrigués par cette artère.
Dans certaines situations, le déséquilibre entre l’apport de sang (et donc d’oxygène) et les besoins de l’organe ou du muscle irrigué (par cette artère à la lumière rétrécie), va conduire à une souffrance transitoire de l’organe ou du muscle. Cela survient principalement à l’effort lorsque le débit dans les artères doit augmenter pour fournir plus d’oxygène aux muscles en plein travail.
Cette souffrance se traduit habituellement par des symptômes (angine de poitrine en cas de rétrécissement coronaire, crampes dans la jambe en cas d’artérite des membres inférieurs…)
Au fur et à mesure que le rétrécissement de la lumière de l’artère devient plus sévère, des symptômes apparaissent pour des efforts de moins en moins importants car même dans ces situations un déséquilibre entre les apports et des besoins en oxygène va se produire en raison d’un débit insuffisant dans l’artère. Pour un même niveau de rétrécissement de la lumière de l’artère, les symptômes apparaissent pour des niveau d’effort similaire.
Dans certaines situations (diabète), les symptômes peuvent manquer notamment en cas d’atteinte coronaire.
Dans ce mode chronique, les manifestations cliniques apparaissent progressivement. Le traitement des patients dans ce mode chronique repose sur les médicaments et sur la modification éventuelle de l’hygiène de vie.
Mode aigu : obstruction rapide des artères par thrombose (infarctus)
Dans ce cas, l’obstruction artérielle apparaît plus rapidement en raison de la formation d’un thrombus (caillot) principalement plaquettaire.
Ce thrombus se forme quand la surface interne de l’artère est lésée. Cela survient surtout sur des artères déjà malades ayant des dépôts d’athérome. On parle principalement de rupture de plaque d’athérome.
La rupture de plaque d’athérome est souvent lié à un stress mécanique sur une paroi artérielle fragilisée. Elle est assez souvent déclenchée par un effort physique intense.
La mise à nu de ces dépôts d’athérome par lésion de la surface interne de l’artère augmente fortement le risque de formation d’un thrombus.
Parfois ce thrombus obstrue totalement la lumière de l’artère et être responsable d’une ischémie critique de la zone d’organe aux deux muscles dépendante de cette artère obstruée. Si l’artère reste totalement obstruée, une destruction des tissus dépendant de son irrigation se produit alors souvent. C’est l’infarctus du myocarde.
Voici un schéma et une video (explications en anglais, mais déjà détaillées dans le texte ci-dessus > mode muet) illustrant la rupture de plaque et la thrombose (caillot).


Dans ce cas, il faut utiliser des traitements visant à désobstruer cette artère par exemple (coronarographie en urgence compte cadre d’un infarctus « syndrome coronarien aigu ST + »
Ce thrombus peut obstruer partiellement la lumière de l’artère. Dans ce cas, il existe une souffrance partielle des tissus irrigués par cette artère. Il faut dans ce cas obtenir l’arrêt de la progression de la thrombose puis sa régression, principalement par différents traitements antiagrégants plaquettaires, des statines…
En cas de « syndrome coronarien aigu ST -« , les plus courants, on réalise une coronarographie si on a la preuve qu’un infarctus même minime s’est produit (cela se traduit par une élévation de la troponine).
Dans ce mode aigu, les manifestations cliniques apparaissent assez brutalement suite à la constitution d’une thrombose artérielle plus ou moins obstructive. Le traitement repose sur une intervention médicamenteuse agressive voire l’utilisation de techniques invasives notamment la coronarographie et l’angioplastie coronaire dans le cadre des infarctus et des syndromes coronariens aigus (video ci-dessous).
Types de maladies cardiovasculaires : une maladie qui concerne presque toutes les artères
ll existe plusieurs types de maladies cardiovasculaires :
– cardiopathie ischémique comprenant des infarctus du myocarde, syndrome coronaire aigu, syndrome coronaire chronique en cas d’atteinte des artères coronaires
– accidents vasculaires cérébraux ischémiques en cas d’atteinte des artères cérébrales ou des artères du cou irriguant le cerveau (carotides internes, artères vertébrales).
– artériopathie oblitérante des membres inférieurs en cas d’atteinte des artères des membres inférieurs.
– atteinte d’autres artères (artères rénales, artères digestives…)
Nous verrons dans d’autres articles les facteurs et situations à risque dans la maladie athéromateuse, les traitement utilisés et le mesures préventives.